Perdre un match : mode d’emploi

Ce ne serait pas une révélation si je vous disais que le but du roller derby, c’est de rencontrer d’autres équipes et jouer des matchs. Forcément, à l’issu d’un match, il y a une équipe gagnante et une équipe perdante (je ne vous trouble pas trop en ce début d’article ?). La victoire est un vrai moment d’allégresse, on se saute dans les bras dans un bain de sueur et après on fait la fête. Je ne vous apprends rien. Par contre, la défaite est un peu plus difficile à avaler rapport au fait qu’on n’a pas gagné (ça va toujours ?). D’autre part, certains matchs sont bizarrement plus faciles à perdre que d’autres.

Par exemple, on aimerait bien gagner nos matchs publics à domicile, le fait est qu’on en a organisé deux et qu’on les a perdus, lol. La défaite, c’est nul, c’est dur, mais du moment qu’on s’est bien battues et que l’écart des points n’est pas phénoménal, on n’a pas non plus de quoi rentrer à la maison la queue entre les pattes. 

Perdre un match peut être un vrai boulet au pied du moral de l’équipe. La victoire nous semble si proche, si belle, si pleine de paillettes et en fait nan, faut se contenter de l’infâme seconde place.

Défaite

Viens faire un câlin à tonton Jacques.

Pourquoi c’est relou de perdre ?

Perdre c’est relou parce que c’est nul de perdre. CQFD. Qui dirait "j’adore trop perdre, je me marre à chaque fois !" NON, ça n’existe pas. La victoire peut avoir un goût amer :

    • quand on a fait moult kilomètres pour jouer
    • quand on était sûres de nos forces
    • quand on n’est pas trop d’accord avec l’arbitrage
    • quand on n’a pas nos joueuses confirmées équipe A et que du coup notre jeu n’est pas aussi solide que d’habitude
    • quand des joueuses se blessent lors du match et qu’elles restent sur le banc à regarder le jeu défiler devant leurs yeux sans rien pouvoir y faire
    • quand on essaye de changer de stratégie à la mi-temps et que ça fonctionne pas
    • quand on perd de 4 points, d’un tour, d’un franchissement de pack, d’une erreur à la con
    • et autres.

      course roller

      Ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

La pression mentale juste avant un match est énorme (rien que d’en parler j’ai le trac qui monte). Dans les vestiaires (non, on ne fait pas les ciseaux comme on me l’a soufflé une fois) on se serre les coudes, on se motive, on récapitule nos points forts et nos points faibles, on s’encourage, on se prend dans les bras. Toute cette pression est autant bénéfique qu’un inconvénient : le stress, le trac et la peur de se blesser prennent parfois le dessus. Alors mettre autant d’énergie pour finalement perdre, c’est dommage mais c’est le jeu.

Si la victoire/défaite est le point final du match, ce n’est pas non plus son unique but. Lors d’un match, on apprend énormément et comme on dit, c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Comprendre : c’est en jouant qu’on finira par devenir une équipe ultra forte de la mort qui tue. Et ce n’est pas avec quelques mois de pratique qu’on y arrive. Oui, on se prend des tôles, des raclées, des échecs cuisants, mais on ne peut qu’en tirer des leçons.

The Switchblade RollerGrrrls The Blastart

Charlie en pleine dépression

Du coup, comment on gère une défaite ?

Tout dépend de l’esprit de compétitivité de chacun, mais le point essentiel c’est de se souvenir qu’on est avant tout là pour jouer, apprendre, expérimenter. Après tout, ce n’est qu’une question de points. Si chacune a donné le meilleur d’elle-même, il n’y a rien à regretter. Il ne faut pas se morfondre sur ses erreurs. Passé c’est passé. Se focaliser aussi sur ce qui a été accompli est une bonne chose : ok, on a perdu mais on a marqué des points ! Parfois, la victoire se joue à vraiment rien, pas de quoi se flageller en place publique.

Perdre n’est pas une fatalité. Y’a que deux choix possibles et si c’est pas ton équipe qui perd, c’est l’autre. Et inversement. Logique.

On a perdu la bataille, mais blablabla

Moi j’aime bien à la fin du match où quel que soit le résultat, toutes les joueuses des deux équipes se saluent, se prennent dans les bras et se félicitent. Ça remet toutes les tensions à zéro et voir une équipe super contente de sa victoire, ça fait du bien aussi ! Il ne m’est jamais arrivé d’en "vouloir" à une équipe d’avoir gagné contre la mienne, tant que leur victoire est mérité.

Bon c’est sûr que ce serait quand même fabuleux de gagner à chaque fois, mais ça ne serait pas drôle : où serait le challenge ? On pourrait aussi affronter des équipes toutes jeunes, d’un niveau moindre et ainsi s’assurer la victoire mais à quoi bon ? Autant rencontrer des équipes d’un niveau plus élevé que le nôtre et apprendre de leur jeu. Tant qu’on s’est battues comme un fou un soldat une star de cinéma, y’a pas de raison d’avoir honte de son score.

Défaite

Ce qu’on appelle perdre avec classe.

A ma connaissance, le roller derby n’est pas (encore) pollué par des millions de sponsors, par de sympathiques sommes échangées contre une victoire et les matchs sont de ce fait hyper cools à jouer. Pour la plupart, on pratique ce sport pour le loisir, se défouler, se bouger, rencontrer des nouvelles personnes et pas prioritairement pour le côté compet’. D’ailleurs beaucoup de roller girls ne faisaient pas d’activité sportive avant de connaitre le roller derby. On n’est encore bien loin de l’esprit JO (et tant mieux) !

Pour terminer, je voudrais passer une annonce : dès que mes parents sont dans la salle, mon équipe perd. Si cela aussi vous arrive, je veux bien contacter un désenvoûteur et négocier un prix de groupe.

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6 Commentaires

  1. Chacha

    Tu pourras faire un article genre " se faire exclure n’est pas une fatalité" si tu veux, certaines filles de l’équipe peuvent témoigner sur le sujet :D

  2. Joséphine Hindy

    Je compatis au concept de "perdre un match mode d’emploi". J’ai fait 7 matchs l’année dernière dans 2 équipes différentes, les 7 matchs ont été perdu… mais bizarrement, j’étais contente quand même, soulagée et contente (bon pas à tous les matchs). J’ai perdu 2 matchs à domicile… (les 2 seuls matchs qu’on a organisé à la maison) dont un de quelques points. Mais on a vu les nouvelles réussir de jolies actions, on a senti qu’on était une équipe, qu’on progressait ensemble et qu’on se battait ensemble.
    Et j’étais fière que le match soit tout simplement fini et que mon équipe soit reconnue comme étant une équipe fun et sympathique.

    Par contre, tu veux bien m’expliquer la fierté que l’on ressent quand on gagne un match ? ;-)

    • Brutal Brunette

      Héhé ! Je te laisse découvrir ça par toi même, ça arrivera bien un jour ;) et plus tôt que tu ne le croies ! (nous aussi on a perdu nos deux matchs publics à domicile, réponse demain pour savoir si on doit dire "jamais deux sans trois.. ou pas !)

  3. Joséphine Hindy

    Alors je peux enfin répondre à ton message car j’ai découvert le bonheur abruti que cela fait de gagner un match.
    J’ai vu mon équipe gagner à la dernière minute en remontant de plein de points grâce à un powerjam sur le jam final. Un truc hallucinant. Car pour moi, on avait déjà perdu et j’avais fait mon deuil de la victoire.
    Donc, on gagne un match… notre premier… un match retour pas à domicile.
    Et après, j’entends prononcer mon nom comme MVP bloqueuse pour mon équipe. Là, j’ai rien compris. Je me suis avancée pour récupérer mon diplôme, je flottais dans une totale incompréhension.
    C’était d’autant plus chouette de gagner ce match qu’il y avait beaucoup de nos freshmeats sur place avec nous et voir les filles hurler de joie, pleurer en nous rejoignant sur le track… ça c’était juste WAOU.

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